Le texte présentait au cimetière Saint-Gérard, le 1ᵉʳ novembre 2026, pour le recueillement organisé par le Souvenir Français avec une participation des représentants du culte (musulman, protestant, catholique) :
Je suis d’une génération qui a reçu la paix en héritage. Mais aujourd’hui la guerre s’invite aux portes de l’Europe et sévit dans le monde. Cela nous rappelle qu’en d’autres temps, des Français ont dû se battre pour notre pays, pour la République, pour la France.
Avec vous je veux me rappeler leurs noms. Ils s’appelaient Marcel, Maurice, Éloi, Louis, Marius, Fernand, Pierre, Maxime, Isidore, Paul, Edmond, Denis, Marie-Charles, Léon, Benoît, Jean, Henri-Pierre, Antoine, Joseph, Hippolyte, Auguste, Léonce, André, Henri, Camille, Charles, Francis, Florian, Eugène, Roger, Rémi, Alfred, François, Raymond, Albert, Émile, Emmanuel, Adrien. Une famille est enterrée également ici, victime de bombardements : Marcel, Paul, Mireille, Georges, Janine. Le nom de beaucoup nous demeure inconnu.
Tous ont servi leur pays, ont dû quitter famille et biens, partir et aller combattre.
Au nom de la communauté catholique de Lunel et de notre paroisse, avec vous tous ici rassemblés, je rends grâce pour les vies de tous ces jeunes soldats morts pour notre pays.
Ces soldats étaient catholiques, protestants, musulmans, juifs ou sans confession. Tous enfants d’un même pays pour lequel ils ont donné leur vie. Le même sang a coulé dans leurs veines et sur les champs de bataille. Aujourd’hui, ils nous rassemblent, Français de 2026, et nous rappellent le prix de la guerre et la valeur de la paix.
Nous avons envers eux un devoir de mémoire. Pour nous, chrétiens, ce souvenir se fait aussi prière : nous les confions à la miséricorde de Dieu, pour qu’il les accueille dans sa paix. Et, nous tous partageons un devoir de construire la paix dans nos familles, nos villages, notre pays.
Nous nous retrouvons en ce jour de la Toussaint. La fête qui nous rappelle que nous sommes appelés à devenir lumière dans le monde. Chacun de nous est porteur d’une mission et d’une promesse. Notre première mission est de participer à construire un monde meilleur. Pas à l’autre bout de la terre mais dans notre quartier, dans notre maison, là où nos pas et nos vies nous conduisent.
Avant d’être soldats, ces jeunes hommes ont été des fils, des frères, des amis, parfois des maris. Appelés sous le drapeau, ils ont connu une fraternité dans le combat ensemble pour une patrie qu’ils aimaient dans la souffrance aussi et le manque cruel. La fraternité garde l’humain dans l’horreur de la guerre. La fraternité construit la paix. La foi chrétienne qui est la mienne m’enseigne que nul ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas s’il n’aime pas ses frères et sœurs qu’il voit. Lors de son voyage en France, le pape Léon XIV nous a rappelé que « l’unique chemin de salut pour l’homme est l’amour ».
Devant ces tombes, nous mesurons combien la vie est fragile et combien elle est précieuse. Que le souvenir de ces hommes nous aide à prendre soin les uns des autres. Qu’il nous donne le courage de la fraternité et la volonté de construire et de transmettre la paix.
Seigneur, accueille dans ta paix ceux dont nous faisons aujourd’hui mémoire. Console les familles endeuillées par les guerres. Fais de nous des artisans de paix.
À la fin, l’amour seul demeurera.
Valérie Planton, membre de l’EAP


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